La profondeur des tombes : le coup de la panne façon Thierry Di Rollo

Publié le par Edouard

Le Bélial', septembre 2003 / Réédition Folio SF 2005

 

Lorsque le pétrole est épuisé, l’humanité est dans l’obligation de se tourner vers le charbon.

De gigantesques mines rouvrent dans toute l’Europe et avec elles leurs contingents de gueules noires.

Sous l’effet de la pollution, le ciel s’obscurcit. Le jour n’existe plus, il est remplacé par la nuit claire.  Le froid tombe sur ce monde où l’eau potable devient la plus précieuse des denrées.

Face à cette tendance irrémédiable qu’est l’exploitation du charbon à l’échelle planétaire, les écologistes devenus « consensuels » n’ont plus qu’une exigence, sauvegarder les espèces animales les plus menacées.

Ceci en obligeant les sociétés exploitantesDiRollo(1) à utiliser des animaux au fond des mines pour la prospection de nouveaux filons. Dans cette optique, le clonage a grande échelle s’instaure au sein de centres d’élevage.

C’est dans cet univers que survit Forrest Pennbaker, contremaître au fond d’une mine, hanté par un fantôme de son enfance. Jalousé et détesté par les mineurs du fait de sa position, il vit seul en compagnie d’un vieil automate censé représenter sa fille qu’il n’a jamais connu.

Avant de basculer totalement dans la folie, il se lance à la recherche de son unique famille dans l’U-Zone, un territoire de non-droit. C’est le début d’une cavale sanglante…

 

Ce roman de Thierry Di Rillo nous plonge dans un monde en totale décrépitude.

Les descriptions sont peu nombreuses mais suffisent à créer une ambiance et à donner une cohérence à cet univers tout droit sorti du Germinal de Zola. Le froid, la poussière et la crasse ont tout envahi.

L’absence d’espoir chez les personnages renforce d’autant cette impression de noirceur.

Dans ce monde sans avenir, Pennbaker vacille lentement vers la folie. Nous en sommes les témoins impuissants.

Ce livre est prenant, le style incisif et direct. Même les passages de folie pure du personnage principal restent parfaitement lisibles. On est happé par cet univers sombre et halluciné.

Il faut tenter l’expérience, faire le voyage même si c’est un voyage en enfer.

Un auteur et un roman à découvrir absolument.

Publié dans ZoneB 2010

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